Marina

Je suis née à Buenos Aires. Buenos Aires a une personnalité urbaine, cosmopolite.

Buenos Aires a une personnalité rare, étrange, mystérieuse, parfois superstitieuse.

Buenos Aires a la voix du tango.

« El tango » est une musique qui se chante, qui se danse, qui a une parole.

Pour vous ma musique de Buenos Aires, mes tangos. Marina Cedro

qui je suis

Petite, je me sentais investie d’une grande responsabilité, comme si j’avais été envoyée en mission sur terre.

Je voulais être une «artiste» avant de connaître le sens de ce mot. C’était un sentiment d’engagement dans la vie, l’idée que chacun avait le devoir d’exprimer sa vérité, et moi la mienne. Mon but était de rendre la vie plus belle.

mes lieux, mes racines

Le théâtre General San Martin à Buenos Aires était ma deuxième maison. C’est là que, très petite, j’ai découvert la danse contemporaine, les concerts, les expos de peinture, la sculpture, la révolution. Les chorégraphies de Mauricio Wainrot et Ana María Stekelman. Les travaux de Renata Schussheim, metteur en scène, artiste, plasticienne, peintre et sculptrice. Des rencontres excitantes : j’ai entendu Roberto Goyeneche «El Polaco», légende vivante de la scène argentine, à huit ans au Caño 14, haut lieu du tango. Ce concert m’a marquée pour toujours.

songwriting

L’inspiration vient quand elle veut, mais je peux l’inviter s’il le faut, elle est toujours là, comme si mes antennes étaient déployées 24/24H et captaient ce qui se passe autour de moi et aussi plus loin, dans d’autres vies.
La musique est un tout. Elle existe par delà les circonstances mais utilise les circonstances pour se manifester. Il faut être à son service. Beaucoup de choses naissent du silence aussi, de cette phase de quasi sommeil.

quelques chansons

«Suburbio» est née pendant un week-end de Pâques. J’étais triste, il pleuvait, il fallait que j’écrive une chose heureuse, liée à mes rêves, à mon imaginaire. Alors j’ai posé d’un trait :

«Quartier 72, fille du peuple, rue de l’oranger en fleur, je reviens comme le vent. C’étaient les sept vies, nuit, veille et rêveries, ils traversaient les coins de rue, pleine lune et mystère. Maquillés par le soleil, ils se sont écrasés comme des aveugles, fous par conviction, ils ont vendu tous les vers.»

Je suis allée au piano et la musique est venue comme une douce brise.

«Preambulo del amor», je l’ai faite en résidence avec un danseur dans un lieu psychiatrique. Nous avons passé un mois à travailler parmi et avec les fous. Toute cette atmosphère plus la séance de photos pour l’affiche de la pièce, le danseur et moi nus dans la neige après une grande tempête :

«Ton corps comme des heures submergées de folie, comme ton corps entre les heures dans la chambre, de ton corps dans la rue dans tes pas entre les heures, sans me toucher dans les chambres de tes heures de folie de ton corps nu…»

«Tango lento», un rêve passionnel, une histoire impossible, le désir de s’aimer et ne pas pouvoir rester ensemble au delà de l’instant présent.

«Tango lent, dans ton corps qui danse. Tango lent, et si fragile d’être ainsi. Buenos Aires a peur. Tango lent, ta voix me rend folle, Cette nuit, libérons notre amour, Tango lent. »

«Postango», j’ai composé d’abord la mélodie puis les paroles, un hymne à la vie.

«Allons ouvrons le silence, en caressant tous les rêves, comme si c’était la voix, de son propre silence. Allons ouvrons le langage, en créant une histoire, avec tous les corps, comme si c’était l’image, de son propre argument.»

«Definiciones en La Menor», le profond désir de me définir, de m’exprimer envers et contre tout pour être aimée. Là aussi, la musique en premier et après les mots.

«Pour allumer mon cœur, tu as besoin de trois papiers, l’oubli éternel, une ville, une chanson, choisis. Pour entrer dans ma chanson, pour ensemencer mon cœur, pour faire une ville, qui te définissent.»

en scène

Etre une artiste, c’est une vie au service de la création, au service du public. J’ai une relation d’amour avec le public. On ne se quitte pas, on grandit ensemble, on évolue.
La sensation d’être sur scène est unique, elle donne une force animale, extatique, je sens l’éternité, je sens le passé, le présent et le futur en même temps. Il n’existe qu’un temps, hic et nunc, ici-maintenant.

Etre artiste est un acte sacré.

EXTRAIT INTERVIEW de
JEAN –LUC FROMENTAL
Auteur, scénariste et éditeur français. Rédacteur chef fondateur de Denoël.

Pour lire l’interview complète, cliquer ICI.

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